Nord-Kivu : à Oicha, un exemple de cohabitation pacifique entre Pygmées et Bantous
Dans le territoire de Beni, le site de déplacés de Luvangira, à Oicha, illustre une expérience de cohabitation pacifique entre communautés pygmées et bantoues. Malgré le contexte d’insécurité qui frappe la région, les habitants de ce site témoignent d’une solidarité et d’une intégration qui renforcent les perspectives de paix locale.
À Oicha, chef-lieu du territoire de Beni au Nord-Kivu, le site de déplacés de Luvangira offre un exemple de coexistence pacifique entre communautés souvent présentées comme opposées. Dans cette zone marquée par des années de conflits et de déplacements forcés, les populations pygmées et bantoues vivent côte à côte dans un climat de solidarité.
Au-delà du simple refuge pour les personnes ayant fui les violences des groupes armés, le site est devenu un espace de partage et de coopération entre ses habitants. Les distinctions communautaires y cèdent progressivement la place à des relations fondées sur l’entraide et la vie collective.
Dans le cadre du programme Sauti ya Amani (« La voix de la paix »), porté par l’UNPC Nord-Kivu, plusieurs témoignages recueillis sur le site mettent en évidence cette dynamique de rapprochement entre les communautés.
Zaburi Kisuba, chef du site de Luvangira, souligne l’esprit d’unité qui prévaut entre les déplacés.
« Nous vivons en bonne relation avec les Bantous. Nous travaillons ensemble, nous partageons la nourriture. Certains garçons bantous viennent même épouser nos filles pygmées parce que nous cohabitons sans barrières », explique-t-il.
Pour de nombreux habitants, cette coexistence représente une condition essentielle pour envisager un avenir plus stable. Hangi Gaston, lui aussi déplacé sur le site, estime que l’unité entre les communautés constitue le fondement de la paix.
« Nous vivons tous dans l’unité et partageons le même langage », affirme-t-il, avant d’ajouter : « Pour chercher la paix, nous devons nous unir. La force de notre union peut nous procurer la paix. »
Si les relations entre Pygmées et Bantous ont parfois été marquées par des tensions ou des inégalités dans certaines régions de la RDC, l’expérience de Luvangira montre que la solidarité peut émerger face aux épreuves communes. Le partage des conditions de vie, des abris et des difficultés quotidiennes contribue à renforcer les liens entre les habitants.
Dans un territoire de Beni toujours confronté à l’insécurité, ce site de déplacés rappelle que la paix peut aussi se construire à partir des initiatives locales et du dialogue entre communautés.
Redaction
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