RDC : Londres hausse le ton face à la guerre des drones et au blocus de Goma
Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le Royaume-Uni a fustigé l’escalade technologique du conflit dans le Nord-Kivu. Entre frappes de drones sur les civils et étranglement économique de Goma, la diplomatie britannique appelle à un sursaut.
Le ton est monté d'un cran à New York, alorsalors que la situation sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo s'enlise dans une guerre d'usure de plus en plus sophistiquée, le Royaume-Uni a profité de la dernière tribune à l'ONU pour adresser une mise en garde sévère aux belligérants.
C’est une nouvelle ère du conflit qui inquiète Londres, celle de la multiplication des frappes de drones. Jusqu’ici cantonnée à des escarmouches au sol, la guerre entre les Forces armées de la RDC épaulées par leurs alliés et les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda selon les rapports onusiens, a pris de la hauteur.
Le représentant britannique a condamné avec fermeté la multiplication des frappes de drones contre les populations civiles, dénonçant une technologie qui, loin de ne cibler que des objectifs militaires, fauche désormais des vies dans des zones densément peuplées et les zones urbaines périphériques. Pour le Foreign Office, cette escalade transforme le Nord-Kivu en laboratoire d'une guerre asymétrique où le civil est la première victime.
Outre le volet militaire, c’est l’asphyxie économique de la capitale provinciale du Nord-Kivu qui préoccupe la diplomatie internationale. Goma, ville-refuge de près de deux millions d’habitants, est aujourd'hui une enclave quasi isolée du reste du pays par voie terrestre.
Le Royaume-Uni a formellement appelé à la réouverture complète de l’aéroport de Goma. Ce hub stratégique, dont l'activité est régulièrement entravée par la proximité des combats et les menaces de tirs d'artillerie, est le poumon vital pour l'aide humanitaire et le commerce régional.
« Maintenir l'aéroport sous pression, c'est condamner une population entière à la famine et à l'absence de soins », analyse un diplomate en poste à Kinshasa.
Un message à double détente
En ciblant les frappes de drones et le blocus de Goma, Londres envoie un message crypté mais clair a Kinshasa. Une invitation à mieux contrôler ses vecteurs aériens et ses forces supplétives. Et à Kigali, Une pression renouvelée pour cesser tout soutien technique ou militaire aux rebelles qui menacent les infrastructures civiles.
Cette sortie britannique intervient dans un climat de méfiance généralisée, où les initiatives de paix semblent marquer le pas devant la réalité des canons.
Redaction
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