Kinshasa : la Police appelle au calme face à la journée « ville morte », la capitale entre prudence et activité réduite

Alors que certains acteurs politiques et mouvements citoyens ont appelé à une journée de « ville morte » ce mercredi 3 juin 2026 à Kinshasa, les autorités congolaises ont exhorté la population à poursuivre normalement ses activités. Un important dispositif sécuritaire a été déployé dans plusieurs points stratégiques de la capitale afin de prévenir tout incident. Sur le terrain, la situation apparaît contrastée, entre ralentissement de certaines activités et maintien partiel de la vie économique.

Kinshasa : la Police appelle au calme face à la journée « ville morte », la capitale entre prudence et activité réduite

La Police nationale invite la population à vaquer librement à ses occupations

À l'occasion de la journée dite de « ville morte » annoncée par certains mouvements politiques et citoyens, la Police nationale congolaise (PNC), avec l'appui du ministère de l'Intérieur, a appelé les habitants de Kinshasa à ne pas céder à la peur et à poursuivre normalement leurs activités quotidiennes.

Dans son message, la police a réaffirmé son engagement à garantir la sécurité des personnes et de leurs biens tout en rappelant que toute manifestation publique doit se dérouler dans le respect des dispositions légales en vigueur.

Les autorités estiment que la paralysie de la ville pourrait avoir des conséquences négatives sur les activités économiques et sociales de la capitale.

Un important dispositif sécuritaire déployé dans plusieurs communes

Dès les premières heures de la matinée, les forces de l'ordre ont renforcé leur présence dans plusieurs carrefours stratégiques de Kinshasa.

Selon des observations rapportées par ACTUALITE.CD, des unités de police ont été visibles notamment au croisement des avenues Kasa-Vubu et Force publique ainsi qu'au rond-point Victoire. Des véhicules de la police y ont été positionnés afin d'assurer la surveillance et le maintien de l'ordre.

Des patrouilles mobiles, des points de contrôle et un dispositif de surveillance renforcé ont également été installés sur plusieurs grands axes de circulation de la capitale.

Dans la commune de Kalamu, des agents de la Régie des fourrières et du contrôle technique ont été déployés pour fluidifier la circulation et procéder à l'évacuation des véhicules en stationnement irrégulier.

Une activité économique réduite mais non paralysée

Sur le terrain, la situation varie d'un quartier à l'autre.

Dans certains secteurs de la capitale, plusieurs commerces sont restés fermés tandis que d'autres ont poursuivi leurs activités. À Mariano, des opérations d'assainissement ont été observées malgré une faible affluence dans les rues.

À la place Victoire, la circulation a été moins dense qu'à l'accoutumée, mais plusieurs établissements commerciaux et certains services bancaires ont continué à fonctionner.

Cette situation traduit une mobilisation partielle de la population, partagée entre prudence et nécessité de poursuivre les activités économiques.

Tshangu : vigilance renforcée autour des infrastructures publiques

Dans le district de la Tshangu, qui regroupe notamment les communes de Kimbanseke, Masina, N'Djili et N'Sele, l'activité a également tourné au ralenti dans plusieurs zones.

Des éléments de la Police nationale congolaise et de la Garde républicaine ont été observés aux abords des maisons communales ainsi que sur les principaux axes menant au boulevard Lumumba.

Cette présence sécuritaire vise à prévenir tout débordement et à garantir la libre circulation des personnes et des biens.

Entre inquiétudes économiques et appel au dialogue

Au-delà de l'aspect sécuritaire, plusieurs observateurs soulignent l'impact économique que peuvent avoir les journées de paralysie sur les petits commerçants, les travailleurs journaliers et les transporteurs.

Des acteurs de la société civile appellent ainsi les responsables politiques à privilégier le dialogue et les voies pacifiques pour exprimer leurs revendications, afin d'éviter des perturbations susceptibles d'affecter davantage l'économie urbaine.

Alors que les autorités affichent leur volonté de maintenir l'ordre public et que certains mouvements poursuivent leurs appels à la mobilisation, cette journée du 3 juin 2026 apparaît comme un révélateur du climat politique et social qui prévaut actuellement dans la capitale congolaise. La réaction de la population, oscillant entre prudence et continuité des activités, illustre la complexité de la situation sur le terrain.

 

Roland Wanny