Prévention d'Ebola à Goma : les mesures barrières sont-elles encore respectées ?
À Goma, les habitants connaissent bien les gestes qui sauvent contre Ebola : lavage des mains, évitement des contacts avec les malades, signalement des cas suspects. Pourtant, sur le terrain, l'application de ces mesures barrières est devenue inégale. Disparition progressive des dispositifs de lavage dans les lieux publics, lassitude face aux campagnes de sensibilisation, baisse de la perception du risque… Alors que les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts, le défi reste de maintenir une vigilance durable au sein de la population.
Dans plusieurs quartiers de Goma, les habitants affirment connaître les principales mesures recommandées pour prévenir la maladie à virus Ebola, à savoir le lavage régulier des mains, l'évitement des contacts avec les personnes malades ainsi que le signalement rapide des cas suspects. « Nous avons été suffisamment sensibilisés pendant les précédentes épidémies, la plupart des gens savent ce qu'il faut faire pour se protéger », témoigne Alice Katungu, habitante du quartier Katindo.
Pourtant, les observations sur le terrain révèlent une réalité plus contrastée : dans plusieurs marchés et espaces à forte fréquentation, les dispositifs de lavage des mains autrefois visibles aux entrées ont progressivement disparu, et certains habitants reconnaissent avoir relâché leur vigilance en raison de l'absence de nouveaux cas signalés dans leur environnement immédiat.
Pour de nombreux commerçants, le maintien permanent des mesures barrières constitue un véritable défi quotidien. « Au début, nous étions très stricts, mais avec le temps les gens ont cessé d'utiliser les dispositifs installés. Certains considèrent aujourd'hui qu'il n'y a plus de danger », explique un vendeur rencontré dans un marché de Goma.
Les agents de santé communautaires soulignent que ce relâchement est souvent lié à une baisse de la perception du risque : lorsque la menace paraît éloignée, les habitudes de prévention tendent à disparaître progressivement au sein de la population. Ils rappellent pourtant que la vigilance reste essentielle, car le lavage régulier des mains, l'hygiène individuelle et collective ainsi que la consultation rapide des structures sanitaires en cas de symptômes suspects constituent, pour les experts, l'un des moyens les plus efficaces de limiter la propagation de la maladie en cas de résurgence.
Du côté des autorités sanitaires, la mobilisation se poursuit. La Division Provinciale de la Santé du Nord-Kivu et les zones de santé organisent régulièrement des campagnes d'information dans les quartiers, les écoles, les églises et les marchés afin de maintenir un niveau élevé de préparation communautaire.
Malgré la lassitude croissante de la population après plusieurs années de sensibilisation, le manque d'équipements dans certains espaces publics et la diminution de la perception du risque lorsque les cas deviennent rares, les professionnels de santé rappellent que la vigilance reste essentielle. Face aux obstacles persistants, ils recommandent de renforcer les activités de sensibilisation de proximité et d'impliquer davantage les leaders communautaires et religieux dans la diffusion des messages de prévention. Car une population bien informée et bien équipée demeure la première ligne de défense contre toute résurgence de l'épidémie.
En définitive, si les habitants de Goma connaissent globalement les mesures de prévention contre Ebola, leur application quotidienne connaît des niveaux variables selon les contextes.
Entre vigilance maintenue par certains et relâchement observé chez d'autres, le défi reste de préserver durablement les réflexes de prévention afin de protéger la communauté contre une éventuelle réapparition de la maladie.
Bienfait VISO