Beni : la solidarité étudiante renforce la cohésion sociale au-delà des différences d'origine
Dans un contexte marqué par les déplacements de populations et la diversité des origines des étudiants, les établissements d'enseignement supérieur de Beni développent une culture de solidarité qui favorise le vivre-ensemble. Au sein des universités, des mécanismes d'entraide permettent aux étudiants de se soutenir mutuellement lors des événements heureux comme des moments difficiles, sans distinction d'origine, de promotion ou de faculté.
À l'Université Officielle de Semuliki (UOS), cette solidarité est institutionnalisée à travers un ministère des Affaires sociales et de la Solidarité mis en place par le comité estudiantin. Cette structure coordonne les actions d'assistance destinées aux étudiants confrontés à un deuil, un mariage ou toute autre situation nécessitant un accompagnement.
Selon Kambale Kabau Jospin, porte-parole des étudiants de l'UOS, la solidarité constitue une valeur fondamentale de la communauté universitaire. « À l'UOS, l'unité est un principe. Nous nous soutenons dans les moments heureux comme dans les épreuves. Chaque promotion dispose d'une caisse de solidarité afin de répondre rapidement aux besoins d'un camarade lorsque la situation l'exige. »
Au-delà des structures officielles, les étudiants eux-mêmes se mobilisent pour venir en aide à leurs collègues. Lorsqu'un étudiant traverse une période difficile, les représentants estudiantins organisent des collectes dans les différents auditoires afin de réunir les contributions nécessaires.
Pour plusieurs étudiants rencontrés, cette pratique renforce les liens entre les jeunes issus de différentes provinces du pays et développe un véritable esprit de fraternité au sein des campus universitaires.
Les initiatives de solidarité sont ouvertes à tous les étudiants, quel que soit leur niveau d'études, leur appartenance sociale ou leur origine géographique.
L'université, un espace d'apprentissage du vivre-ensemble
Au-delà de la transmission des connaissances académiques, les universités de Beni apparaissent aujourd'hui comme des lieux où se construisent les premières expériences de coopération, de leadership et de cohésion sociale.
Dans une région confrontée depuis plusieurs années aux conséquences des conflits armés et aux déplacements des populations, cette culture de solidarité contribue à renforcer la résilience des étudiants tout en préparant les futurs cadres à évoluer dans un environnement fondé sur le respect mutuel, l'entraide et la responsabilité collective.
Pour de nombreux observateurs, ces initiatives démontrent que la cohésion sociale ne se construit pas uniquement dans les institutions publiques, mais aussi au sein des communautés universitaires, où les étudiants apprennent chaque jour à faire de leurs différences une richesse au service du développement.
Par la Rédaction