Mobile Money à Goma : le confort à distance, le cauchemar des commissions
Les frais prélevés lors des transactions Mobile Money grèvent le budget des utilisateurs. Entre perte sur le change et taxes des opérateurs, beaucoup réclament une baisse urgente des tarifs. Témoignages.
L'envoi et la réception d'argent par téléphone mobile sont devenus indispensables au quotidien des Gomatraciens. Si cette technologie facilite les échanges et soulage les distances, elle cache une réalité plus sombre : le coût excessif des retraits. Pour de nombreux ménages, les commissions prélevées alourdissent considérablement les charges. Ce qu'en pensent les utilisateurs.
Justine Mwayuma, étudiante à Goma, témoigne : « Non, je ne suis pas satisfaite des frais prélevés lors des retraits. Ils sont souvent trop coûteux et finissent par absorber une part importante de ce qui m'est envoyé. »
Mme Thérèse renchérit : « Il m'est déjà arrivé à plusieurs reprises de recevoir moins d'argent que prévu à cause des commissions. C'est encore pire quand il s'agit de dollars. On perd au change et dans les taxes des opérateurs. Ces frais constituent parfois un véritable obstacle pour mon budget. J'ai déjà dû reporter des retraits faute de liquidités suffisantes pour couvrir ces coûts imprévus. »
Un agent de Mobile Money, interrogé sur ces pratiques, se justifie : « Nous prenons ces pourcentages parce que nous aussi nous achetons le dollar. C'est la raison pour laquelle nous avons presque le même coût dans tous les shops. Et ça nous aide également à survivre avec le peu que nous gagnons. »
En dehors du confort technique, le modèle économique actuel du Mobile Money pénalise les plus vulnérables. Les tarifs appliqués par les opérateurs sont jugés excessifs par les bénéficiaires. Pour rendre accessible l'accès aux services financiers et soulager les ménages, une réduction des frais de retrait devient une exigence sociale.
Par Véronique SHAMBA