Révision constitutionnelle en RDC : les alertes de Patrick Mundeke suscitent la controverse

Au cœur du débat politique congolais, les propos d'un cadre de l'opposition sur le projet de révision constitutionnelle provoquent des remous. Entre menaces d'arrestation et accusations de lynchage médiatique, la position de Patrick Mundeke interroge sur l'état du débat démocratique dans le pays.

Révision constitutionnelle en RDC : les alertes de Patrick Mundeke suscitent la controverse

Dans l'arène politique congolaise actuelle, la prise de parole publique comporte des risques. C'est le constat que l'on fait face aux réactions suscitées par les déclarations de Patrick Mundeke, cadre de l'opposition et proche de Moïse Katumbi, concernant le projet de révision ou de changement de la Constitution qui agite les états-majors politiques.

Alors que certaines voix de la majorité présidentielle évoquent des poursuites à son encontre, ses partisans estiment qu'il a posé un diagnostic sur la situation actuelle du pays.

L'argument de Patrick Mundeke repose sur une question centrale : comment prioriser un changement constitutionnel alors que la République Démocratique du Congo traverse l'une des crises sécuritaires les plus graves de son histoire ?

Une partie du territoire est sous occupation, des pans entiers du Nord-Kivu sont sous le contrôle de forces d'agression. Des millions de Congolais sont déplacés, privés de leurs droits les plus élémentaires, et une partie du pays vit sous une gouvernance militaire restreignant les libertés publiques.

Pour ses soutiens, vouloir imposer un référendum ou une réforme constitutionnelle dans ce contexte d'amputation territoriale et institutionnelle est une aberration politique. Selon eux, s'entêter dans cette voie sans avoir au préalable restauré l'intégrité du territoire reviendrait à envoyer le message que le sort des populations de l'Est est secondaire face aux ambitions de conservation du pouvoir.

La réaction d'une frange de la majorité, qui réclame l'arrestation de Patrick Mundeke, traduit, selon ses défenseurs, une difficulté à opposer des contre-arguments solides face à la réalité du terrain. La menace judiciaire serait alors brandie faute de pouvoir aligner des arguments convaincants.

Menacer un opposant parce qu'il alerte sur les risques de partition du pays n'est pas, pour ses soutiens, un signe de force mais l'indice d'une dérive autoritaire qui refuse le débat démocratique. La Constitution actuelle est le fruit d'un consensus historique issu de l'accord de Sun City, visant à préserver l'unité nationale. Y toucher alors que le pays est fragile, c'est, selon eux, ouvrir la boîte de Pandore.

Pour les observateurs, il revient aux forces vives de la nation, à la société civile et à l'ensemble des acteurs politiques de se prononcer sur ces questions. Le débat sur la Constitution ne saurait se régler par des menaces, mais par le respect des réalités que vivent les populations de l'Est.

La priorité, pour beaucoup, demeure la paix et la reconquête du territoire, avant toute considération politique.

Par Victor Muhindo